ÉCOLE HOLLANDAISE vers 1680, suiveur de Pieter de HOOCH - Lot 86

Lot n° 86
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Résultat : 7 986EUR
ÉCOLE HOLLANDAISE vers 1680, suiveur de Pieter de HOOCH - Lot 86
ÉCOLE HOLLANDAISE vers 1680, suiveur de Pieter de HOOCH La leçon de dessin Toile. 48,5 x 41 cm Provenance : Très ancienne collection d'une famille aristocratique française. Notre toile peut être datée entre 1675 et 1685 d'après la coiffure féminine, au premier plan (dite à la hurluberlu) et les costumes. Au premier plan, une jeune femme assise dessine un bouquet de fleurs placé devant elle. À ses côtés, un peintre, vêtu d'un manteau et d'un bonnet rouge, semble la guider dans son travail. Cette scène illustre l'apprentissage de la peinture pour les femmes dans la seconde moitié du XVIIe siècle. En Hollande, l'accès aux guildes était réservé aux hommes, les femmes se formaient généralement dans un cadre familial ou privé, comme Rachel Ruysch, élève de Willem van Aelst, ou Maria van Oosterwijk, qui étudiait auprès de Jan Davidsz de Heem. Celles-ci étaient nombreuses : sur les quatre cents artistes floraux néerlandais répertoriés entre le XVIe et le XVIIIe siècle, moins de 50 étaient des femmes (Colonel M. H. Grant, Rachel Ruysch 1664-1750, Londres, F. Lewis Publishers, 1996, p. 19). Parmi les rares exemples de sujets semblables au nôtre, citons La leçon de dessin de Jan Steen au J. Paul Getty Museum à Los Angeles, un autre tableau de Steen, Intérieur avec un peintre et sa famille, au Fitzwilliam Museum à Cambridge (U-K), au encore La leçon de dessin par Jan van Mieris, (non localisée, Margreet van der Hut, Jan van Mieris (1660-1690), KVMA, 2021, p. 79, n° 23). Le vase contenant le bouquet est en réalité un miroir sphérique, un symbole de l'apprentissage artistique, permettant au peintre de démontrer sa virtuosité technique, sa maîtrise de la perspective et de la déformation de l'image. Ce motif, apparu dans la peinture flamande au XVe siècle, reflète l'intérieur tout en incluant un autoportrait. Une feuille, coincée sous ce vase, dévoile un modèle académique masculin, dessiné à la pierre noire, faisant peut-être écho à l'interdiction pour les femmes d'étudier des nus d'après nature, une étape pourtant fondamentale dans la formation de leurs confrères masculins. Ce clin d'œil souligne une réalité contraignante de cantonnement des femmes aux genres considérés comme «mineurs », réduisant ainsi leurs possibilités de carrières professionnelles. À l'arrière-plan, on aperçoit une autre femme, dans une pièce en enfilade, peignant un paysage sur un chevalet, autre genre pictural considéré comme « mineur » et donc accessible aux femmes. Cette démonstration nous évoque l'Autoportrait de Maria Schalcken (Museum of Fine Arts de Boston), dans lequel elle pose fièrement devant sa toile achevée représentant un paysage de forêt. La représentation de dos évoque aussi un tableau anonyme hollandais, Jeune femme au chevalet, au Musée du Petit Palais à Paris (inv. n° DUT 941). Expert : Cabinet Turquin.
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