Exceptionnelles baguettes d'honneur attribuées à Nicolas Los - Lot 98

Lot n° 98
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Exceptionnelles baguettes d'honneur attribuées à Nicolas Los - Lot 98
Exceptionnelles baguettes d'honneur attribuées à Nicolas Losier Paire de baguettes de tambour en acajou à garnitures en argent, les poignées gravées de l'attribution en lettres cursives sur deux lignes : « Le 1er Consul, au Cen Losier Nicolas, tambour, de la 2eme Compagnie de la 51eme Brigade de ligne. », la partie inférieure terminée en olive surmontée d'une bague, chocs sur les parties battantes. France, époque Consulat. Longueur : 43,5 cm Nicolas Laugier (ou Lozier) voit le jour le 2 mars 1777 à Tarascon au sein d'une famille nombreuse et peu fortunée. Son père est courtier en blé. Patriote de 15 ans, il s'enrôle comme soldat le 27 septembre 1792 et rejoint avec les volontaires de Provence la frontière des Alpes. Son jeune âge le destine à porter un tambour plutôt qu'un fusil, et c'est avec cet instrument qu'il battra la charge tout au long de sa carrière militaire, toujours en première ligne. Incorporé en 1796 à la nouvelle 51e demi-brigade de bataille, il s'illustre au cours de la campagne d'Italie. Il participe notamment aux combats de Voltri, Montelegino, Dego, Castiglione et à la bataille d'Arcole (16 novembre 1796) où il se signale héroïquement aux côtés du tambour Estienne et d'un troisième tambour marseillais. Après le traité de Campo-Formio mettant fin à la Campagne d'Italie (17 octobre 1797), la 51e demi-brigade est envoyée en Belgique, puis en Hollande. En 1800 elle est incorporée à l'Armée du Rhin. Nommé tambour-maître, il participe aux combats de Fribourg, Biberach et s'illustre à la bataille d'Hohenlinden (3 décembre 1800). La paix revenue par le traité d'Amiens (25 mars 1802), il reçoit pour ses actions d'éclat à Arcole et Hohenlinden des baguettes d'honneur par arrêté des Consuls du 20 (ou 26) messidor an XI (9 juillet 1803). Membre de droit de la Légion d'honneur en qualité de titulaire d'une arme d'honneur à compter du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803), il en est informé par lettre du Grand-Chancelier Lacépède du 5 pluviôse an XIII (15 janvier 1805). Il participa ensuite aux batailles d'Austerlitz, d'Auerstaedt, d'Eylau et de Friedland. Nommé caporal le 10 avril 1808, il sert jusqu'au 30 avril 1808. Après 15 ans, 10 mois et 3 jours de service, dont 13 ans, 7 mois et 24 jours de campagnes, un décret du 19 octobre 1808 lui accorde pour cause d'infirmité une solde de retraite de 182 francs. Il rentre ensuite dans sa ville natale de Tarascon où il exerce le métier de quincailler et occupe, avec son tambour et ses baguettes, la charge de crieur public. Il meurt le 11 mars 1829, âgé de 52 ans et tombe dans l'oubli jusqu'à l'exposition universelle de 1900. Là, au sein de l'exposition rétrospective militaire, ses baguettes d'honneur sont en effet présentées comme celles du « Tambour d'Arcole ». Or, le seul tambour d'Arcole alors connu était André Estienne, immortalisé par Horace Vernet dans son tableau « La bataille d'Arcole » et par le ciseau de David d'Angers au fronton du Panthéon. Agitant les curieux, ce mystère fut élucidé par l'historien Germain Bapst (1853-1921) qui prouva qu'il n'y eut pas qu'un, mais au moins deux héroïques tambours d'Arcole, chacun récompensé par des baguettes d'honneur remises par la Premier Consul. OEuvre en rapport : baguettes d'honneur décernées le 20 fructidor an X (7 septembre 1802) à André Estienne (1774-1838) de la garde des Consuls pour son action à Arcole alors qu'il était tambour au 51e de ligne, conservées et exposées au musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie (inv.05118). Les armes d'honneur sont instituées par Bonaparte par arrêté consulaire du 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799) pour récompenser les actions d'éclat des officiers et soldats. Comblant le vide laissé par la disparition des ordres et médailles abolis par la Révolution et remplaçant les « récompenses nationales » du Directoire, elles sont divisées en deux classes : d'abord les sabres d'honneur, puis les armes d'honneur, remises selon le grade et la fonction du récipiendaire. Chaque arme était garnie d'argent et portait une citation gravée au nom du titulaire. Les soldats et grenadiers recevaient un fusil, les tambours des baguettes, les cavaliers un mousqueton, les trompettes une trompette, les pointeurs une grenade d'or. Les études varient sensiblement sur le sujet, mais environ deux mille armes d'honneur furent attribuées, parmi lesquelles une quarantaine de baguettes d'honneur. À la fondation de la Légion d'honneur, tous les titulaires d'armes d'honneur furent déclarés légionnaires de droit. Bibliographie : - Archives du musée de la Légion d'honneur, armes d'honneur, 51e Brigade. - Archives nationales, dossiers Légion d'honneur : Nicolas Laugier LH//1497/2 ; André Estienne LH//909/7. - Bapst, Germain, Le tambour d'Arcole (XLI), l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, n°889, 7 juillet 1900, Paris, pp.20-21. - Lavallée, Perr
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