Quiringh Gerritz van BREKELENKAM (Zwammerdam 1622/30 ?-Leyde - Lot 40

Lot n° 40
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Quiringh Gerritz van BREKELENKAM (Zwammerdam 1622/30 ?-Leyde - Lot 40
Quiringh Gerritz van BREKELENKAM (Zwammerdam 1622/30 ?-Leyde, après 1669) Le retour de l'école Panneau de chêne, deux planches, non parqueté. (Restaurations anciennes). 58 x 51.5 cm Cadre en chêne sculpté à la coquille, travail français d'époque Louis XV. Provenance : - Très probablement une vente chez Frederik Muller à Amsterdam (d'après l'inscription « Muller » au verso d'une ancienne photographie au RKD). - Très probablement dans la collection d'Eugène Schneider (1805-1875) dans les années 1870, et ne figure pas dans la vente posthume de sa collection d'avril 1876. - Resté chez ses descendants à Paris. Notre tableau, inédit, évoque les plus belles scènes de genre du siècle d'or hollandais et nous plonge dans l'univers intimiste des plus grands maîtres du XVIIe, Johannes Vermeer, Pieter de Hooch, Jacobus Vrel, Esiaas Bourse et Pieter Janssens Elinga. La composition est structurée géométriquement et rythmiquement par les lignes de plombs des carreaux et le chambranle de la fenêtre, son vantail carré ouvert, le rectangle de la carte au mur, presque abstrait, les axes de fuite donnés par la desserte ou les poutres du plafond. À gauche, l'ouverture filtre la lumière qui tombe sur une nature morte composée du goûter destiné aux enfants puis se diffuse à droite sur un jeune écolier surpris par le spectateur. Il est habillé d'une chemise à col blanc à rabat et porte un chapeau de feutre. Il tient de sa main gauche un biscuit, qu'il a pris sur le plat à côté de lui, et de la droite son cartable. Sa mère, qui porte une robe de laine noire sous une chemise de lin blanc, s'attache à défaire soigneusement le bonnet de sa fille. Celle-ci porte encore attachée à la taille sa petite ardoise au manche en bois tandis que sur la table à droite, une brosse à habits témoigne des jeux des enfants. Au dessus, un chapeau masculin et un manteau suspendus, suggèrent la présence du père. La perspective est creusée, à gauche, par la chaise vue de dos, la chaufferette au sol, autant de détails récurrents qu'on peut voir chez Vermeer et Pieter de Hooch [1]. Face au spectateur, une carte est accrochée au mur dont on distingue quelques contours géographiques, peut-être les territoires au nord de l'Europe (on déchiffre les mots : Mare internum ?, peut-être pour la Baltique). C'est une invitation au voyage qui rappelle la maitrise des mers par les Provinces-Unies et témoigne de leur puissance. En dessous de la carte on distingue des caricatures faites par les enfants, comme on peut en voir sur le Jeune peintre dans un atelier de Barent Fabritius (musée du Louvre) ou dans les intérieurs d'églises de Pieter Jansz Saenredam et d'Emmanuel de Witte. Jusqu'à la Réforme protestante l'école était dispensée par des maîtres catholiques mais au XVIIe siècle, selon Eléonore Dérisson (notice du tableau de Harmen Hals du musée Jeanne d'Aboville de La Fere, en ligne), Dans les villes, des guildes de maîtres d'école se forment et exercent une surveillance sur le contenu des enseignements. Néanmoins beaucoup de parents se plaignent du faible niveau de ces maître d'école, un rapport de 1611 décrit des professeurs incapables de nommer correctement les lettres de l'alphabet ! Ce n'est qu'en 1665 qu'une ordonnance exigera des maîtres d'école une connaissance correcte de l'écriture et de la lecture. Malgré ses défauts, les petites écoles hollandaises vont permettre une large alphabétisation de la population, qui présente le meilleur taux d'Europe à cette époque. Les écoles maternelles sont tenues par des femmes qui exercent d'autres profession en même temps telles que couturières ou dentellières. Cette école est fréquentée par des enfants de trois à sept ans. L'enseignement s'y limite généralement à l'apprentissage des prières et de l'alphabet. Le programme de l'enseignement de l'école se réduit a l'histoire sainte, la lecture, l'écriture et au calcul. L'arithmétique élémentaire à cause de son importance commerciale fait l'objet d'un soin particulier de la plupart des maîtres. L'écriture est un savoir prestigieux et la calligraphie, un véritable art esthétique. La renommée des maîtres hollandais en la matière dépassera les frontières du pays. Influencé par Gerard Dou, qui fut peut-être son maître à Leyde, Brekelemkan est un peintre des occupations de la classe moyenne, des artisans, savetiers, des cuisinières, des couturières. Notre panneau peut être comparé aux Soins domestiques, qu'il a signé et daté en 1648, conservé au Stedlijk Musée de Lakenhal de Leyde [2] ou dans ses deux versions différentes de Femme épouillant un jeune garçon, signé et monogrammé vers 1655 (localisation inconnue) [3] où le même sujet au Kunstmuseum de Bâle [4]. Notre tableau est situé dans une maison cossue bourgeoise, mais il ne s'agit pas d'intérieur luxueux avec des objets précieux comme chez les « peintres de la manière fine » tels
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