Jean BERAUD (Saint-Pétersbourg 1849 - Paris 1935), Réunion publique à la salle Graffard

Lot 65.10/12/2003
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Jean BERAUD (Saint-Pétersbourg 1849 - Paris 1935), Réunion publique à la salle Graffard
Jean BERAUD (Saint-Pétersbourg 1849 - Paris 1935)
Réunion publique à la salle Graffard
Huile sur toile.
Signée et datée en bas à gauche : "Jean Béraud 1884".
80 x 120 cm

Œuvres en rapport :
Croquis de Jean Béraud, publié, dans le catalogue illustré du Salon de 1884.
Deux croquis de Jean Béraud, publiés dans L'Artiste.
Emile Cohl, Caricature de "A la salle Graffard".
Gravure du tableau par Alexandre Lunois, 1885.

Provenance:
Collection de Monsieur Combier,1898.
Collection de Madame Combier,1936.
Succession de Madame Combier, vente, Paris
Hôtel Drouot, Ier Juin 1939, n° 45 (sous le titre "Vive la Commune").

Expositions:
1884, Paris, Palais des Champs-Elysées, Salon, n° 181. Illustré dans le catalogue p. 230 (détail).
1889, Paris, Champs de Mars, Exposition universelle internationale de 1889. Exposition
décennale de l'art français (1879-1889), n° 79.
1898, Londres, Art Gallery, Collection of Pictures by Painters of the French School, n° 17.
1900, Paris, Grand Palais, Exposition universelle internationale de 1900. Exposition centennale de l'art français (1800-1900), n° 28, repr.
1936, Paris, Grand Palais, Salon, n° 125.
1936-1937, Paris, Musée Carnavalet, Jean Béraud, peintre de la vie parisienne, n° 18.
1946, Paris, Musée des Arts décoratifs, Les Goncourt et leur temps, n° 209.

"Il y a une petite toile de Jean Béraud qui m'intéresse étrangement. C'est la salle Graffard; une réunion publique où l’on voit fumer les cerveaux avec les pipes et les lampes. La scène sans doute tourne au comique. Mais combien ce comique est profond et vrai ! Combien il est mélancolique ! Il y a dans cet étonnant tableau une figure qui me fait mieux comprendre à elle seule l'ouvrier socialiste que vingt volumes d'histoire et de doctrine, celle de ce petit homme chauve, tout en crâne, sans épaules, qui siège au bureau dans son cache-nez, un ouvrier d'art sans doute, et un homme à idées, maladif et sans instincts, l'ascète du prolétariat, le saint de l'atelier, chaste et fanatique comme les saints de l'église aux premiers âges. Certes, celui-là est un apôtre et on sent à le voir qu'une religion nouvelle est née dans le peuple.".
En quelques lignes, Anatole France, dans cette page extraite du jardin d'Epicure, résume d'une façon magistrale l'étonnant reportage pictural que constitue ce tableau présenté par Jean Béraud au Salon de 1884.
Etablie en 1856 à l'emplacement du n°138 du boulevard de Ménilmontant, la salle Graffard, à l'origine salle de bal populaire, était déjà célèbre par ses réunions politiques sous le Second Empire. La rentrée des condamnés de la Commune, après l'amnistie de 1880, permit aux révolutionnaires de renouer avec leurs cadres traditionnels. Jean Béraud, admirable témoin du quotidien parisien sous la Troisième République, nous transporte dans l’une de ces nombreuses réunions publiques qui verront le développement de ce type d’homme politique caractéristique de cette période de l’histoire de France : le tribun. C’est l’un des plus célèbres d’entre eux que le peintre Jean-François Raffaelli (1850-1924) célèbrera dans son « Clémenceau dans une réunion électorale » au Salon de 1885.
Evoquant quelques années plus tard cette œuvre et les circonstances de sa gestation, Jean Béraud confiera à un journaliste : "Il y a vingt-cinq ans, au moment où je peignais ce tableau, Coquelin, modèle incomparable, venait journellement chez moi et nous étions si liés qu'il consentit à poser pour le personnage de l'orateur anarchiste dont le mouvement n'avait jamais pu m'ètre donné avec autant de justesse par aucun modèle de profession."
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